Sans le savoir, vous le connaissez sûrement! Pascal Perbet, c'est le créateur des séries "Origines" ou "Les Bleus", ou le dialoguiste, entre autres, des séries "Cherif" ou "Lebowitz contre Lebowitz". Il a choisi de travailler avec les élèves du lycée Les Sept Mares!

Le projet...

L'objectif du projet est de faire rédiger, par des groupes de deux ou trois élèves, un scénario de court métrage de genre polar. Encadrés par Pascal Perbet, scénariste professionnel, les élèves sont guidés au travers des différentes étapes d’écriture qui amènent au scénario final dialogué. Ils doivent respecter une structure de récit commune, très précise, mais ont toute liberté pour choisir l’ambiance et le ton de leur scénario (dramatique, burlesque, thriller, etc).

Le cadre du projet

Afin que les élèves se sentent le plus possible en situation, ils sont considérés comme de jeunes scénaristes en herbe recrutés par une société de production pour écrire une collection (qui se différencie d’une série par le fait que les personnages et les décors changent d’un épisode à l’autre). Ils sont encadrés, comme les scénaristes professionnels, par des directeurs littéraires - incarnés par leur professeure, Madame Claire Engel, par Madame Nathalie Fontaine et par Monsieur Thomas Meynier, professeurs-documentalistes– qui les guident pendant les différentes étapes de rédaction. Pascal Perbet tient le double rôle de directeur de collection (chargé de « relisser » les textes afin d’obtenir une cohérence d’ensemble) et de producteur, chargé de déterminer quand les textes sont assez aboutis pour être présentés au diffuseur.

Cela donne aux échanges un aspect ludique bienvenu pour ce genre de travail qui demande à la fois rigueur et imagination, et doit amener les élèves à appréhender une situation un peu paradoxale où il leur est demandé, en quelque sorte, de « s’amuser sérieusement ».

 

Les objectifs pédagogiques

-découverte du métier de scénariste

-apprendre à travailler en groupe

-savoir mener à bien un projet long

-respecter les consignes d’un sujet d’invention

-améliorer son style et la correction de son expression écrite

Les étapes d'écriture

Elles reprennent la chronologie du travail classique d’un scénariste télé, à l’exception de l’étape du synopsis (résumé détaillé du film), qui est située après celle du pitch, mais qui n’est pas forcément utile pour un scénario aussi court.

 

Le pitch : Il s’agit d’un texte très court (moins d’une page), qui résume l’histoire et dresse les grandes lignes et les moments importants du scénario. C’est une étape qui réclame un important sens de la synthèse : seuls les éléments saillants de l’histoire doivent être racontés.

Le séquencier : c’est une étape de structuration du texte qui préfigure le scénario final. Le film est découpé séquence par séquence, les lieux où se passe l’action sont précisés, et chaque séquence est racontée en détail. Le seul élément qui manque, ce sont les dialogues, qui seront ajoutés lors de l’étape suivante.

La version dialoguée : C’est le document final. Chaque séquence du séquencier est dialoguée. Le format du court-métrage demande une grande discipline à ce stade : chaque réplique doit être « utile », et le « bavardage » proscrit.

La structure du scénario

Les élèves doivent respecter une matrice commune qui permet à la fois de structurer leur texte, et rend plus facile l’évaluation de leurs travaux. Si elle peut sembler très rigide, elle représente en fait ce que l’on appelle une contrainte créatrice : libérés des questions sur la structure de leur récit, les élèves peuvent se consacrer pleinement au contenu des séquences et à la progression de leur enquête.

Le format final – au maximum une douzaine de pages – étant très court, il leur est demandé d’avoir recours à un narrateur en voix off (celle de l’enquêteur) qui s’adresse directement au téléspectateur. Cette voix off permet de fixer le cadre de l’enquête, d’en donner les enjeux et de générer des ellipses de temps, nécessaires sur un tel format.

La structure du scénario reprend, pour l’essentiel, les grandes étapes incontournables d’un polar classique, tel qu’il est conçu à la télévision. En voici les étapes :

-Le teaser : C’est la séquence d’ouverture, dont les enquêteurs sont en général absents, et qui raconte soit le meurtre qui va servir de point de départ à l’enquête, soit la façon dont le corps de la victime a été découvert. Le but de cette séquence, en général située avant le générique, est de créer une attente et des interrogations chez le spectateur, attente susceptible de l’empêcher de zapper pendant le générique… Les éléments intrigants ou surprenants sont donc les bienvenus pour cette étape de l’écriture.

-La scène de crime : La séquence incontournable, où l’on découvre le ou les enquêteurs et l’identité de la victime. Les premiers éléments de l’enquête sont donnés : profil de la victime, heure et circonstances du décès, présence ou non de témoins. De cette séquence doit ressortir un élément (indice, témoignage…) qui nous amène à la première fausse piste.

La première fausse piste : c’est en général la séquence du coupable idéal (il détestait la victime, l’avait menacée, etc). Pour que la séquence soit crédible, il faut que ce suspect ait eu de bonnes raisons de s’en prendre à la victime. A la fin de la séquence, deux choix possibles : soit le suspect est innocenté sur le champ, soit les enquêteurs continuent de le soupçonner. Dans tous les cas, un nouvel élément doit venir relancer l’enquête et envoyer nos enquêteurs sur la trace de la piste suivante.

La deuxième fausse piste : elle est la suite logique de la découverte faite dans la séquence précédente. Là aussi, les motivations du suspect doivent être assez fortes pour qu’il soit crédible. Là encore, une information donnée par le suspect doit permettre à l’enquête d’avancer.

Le débrief : c’est une séquence de récapitulation utile à la fois aux enquêteurs et au téléspectateur, dans la mesure où elle fait un point sur les informations déjà données et où elle reprécise les enjeux de l’enquête. Pour que l’action rebondisse, plusieurs possibilités : soit un subalterne amène une nouvelle information (résultats des analyses du labo, résultat de l’autopsie, nouveau témoignage, etc), soit l’enquêteur et son équipe s’aperçoivent qu’ils ont négligé un élément qui jusque-là leur paraissait peu important. Afin de ménager l’espace pour la séquence suivante, l’enquêteur peut demander à son équipe d’approfondir certaines recherches (fichiers, témoignages, casiers judiciaires, etc), ce qui mettra l’enquête entre parenthèses le temps d’une séquence.

La séquence de vie privée : c’est une séquence de respiration et de pause dans l’enquête qui montre l’enquêteur dans un moment intime ou avec ses proches. En révélant un aspect jusque-là inconnu de sa personnalité, ou en montrant ses doutes et ses failles, elle permet de créer une meilleure identification du téléspectateur au héros en montrant qu’au-delà de ses qualités d’enquêteur, il reste un humain comme les autres… Elle peut se terminer par un appel de ses collègues qui l’avertissent qu’un nouveau suspect vient d’entrer en scène, façon idéale de relancer le héros sur le chemin du devoir…

L’arrestation du coupable : mouvementée ou non, elle révélera dans tous les cas un coupable que l’on a déjà vu au cours du film, à un moment où il était au dessus de tout soupçon. C’est l’un des aspects délicats mais nécessaires du travail de construction : l’expérience a prouvé que de faire débarquer un coupable en fin d’histoire, alors que l’on ne l’avait jamais vu auparavant, a un aspect déceptif pour le téléspectateur qui se sent inconsciemment floué : on ne lui a donné aucune chance de trouver par lui-même l’assassin…

La séquence des aveux : séquence classique au cours de laquelle, par la force ou par la ruse, le héros parvient à faire avouer le meurtrier qui en profite pour nous éclairer sur ses motivations.

La séquence finale : la fin de l’enquête se déroulant en général dans un climat de forte tension, cette séquence a pour but d’aider le téléspectateur à se remettre de ses émotions au travers d’une scène légère qui permet de terminer l’histoire par un sourire…

 

L'aboutissement du projet... Tourner le ou les meilleurs court-métrages des élèves...